Le quartz, naturel ou de synthèse
Quels sont les risques sanitaires liés aux plans de travail de cuisine en quartz de synthèse ?
- Le quartz de synthèse, à ne pas confondre avec le quartzite naturel, est un matériau composite manufacturé.
- Il est fabriqué avec un mélange composé de silice broyée et de résines polyesters et/ou acryliques auxquelles sont ajoutés, selon la formulation du fabricant, des pigments, des additifs techniques et des stabilisants (agents anti-UV, retardateur de jaunissement, agents antistatiques, agents rhéologiques, etc.), des catalyseurs, des biocides et des durcisseurs. Le mélange est ensuite compacté puis durci selon un procédé industriel.
- Le risque sanitaire le mieux documenté concerne les professionnels qui fabriquent, découpent, percent, meulent, polissent, installent ou modifient ces matériaux. Ces opérations peuvent libérer des poussières extrêmement fines de silice cristalline respirable. Leur inhalation répétée peut provoquer des maladies graves et irréversibles, notamment la silicose, et est également associée au cancer du poumon, à la bronchopneumopathie chronique obstructive ainsi qu’à certaines pathologies auto-immunes et rénales. Les fiches de sécurité des fabricants mentionnent elles-mêmes explicitement ces risques lors du façonnage.
- C’est notamment pour cette raison que MDY a choisi, dès 2013, de cesser de commercialiser et de façonner le quartz de synthèse, alors même que ce matériau représentait une part importante de son activité.
- La situation observée dans plusieurs pays confirme l’ampleur du problème :
- En Espagne, l’un des principaux pays producteurs et exportateurs de pierre artificielle, près de 5 900 déclarations de silicose ont été enregistrées entre 2007 et 2024. Le ministère espagnol de la Santé attribue en grande partie cette recrudescence à de nouveaux secteurs, parmi lesquels la fabrication et la transformation des agglomérés de quartz utilisés pour les plans de travail. La silicose est une maladie professionnelle incurable qui peut entraîner une insuffisance respiratoire sévère, nécessiter une transplantation pulmonaire et conduire à un décès prématuré. communiqué du ministère de la Santé espagnol
- L’Australie interdit depuis le 1er juillet 2024 la fabrication, la fourniture, la transformation et l’installation des plans, panneaux et dalles relevant de sa définition réglementaire de la pierre artificielle.
- La Californie a engagé en mai 2026 un processus visant potentiellement à interdire le façonnage et l’installation des pierres artificielles contenant plus de 1 % de silice cristalline,
- Au Royaume-Uni, le Health and Safety Executive a déclaré la découpe à sec inacceptable et lancé une campagne de plus de 1 000 inspections. Quatre entreprises avaient déjà reçu, en juin 2026, l’ordre de suspendre certains travaux en raison de mesures de protection insuffisantes. annonce du HSE britannique
- La Nouvelle-Zélande a également soumis à consultation plusieurs options, dont une interdiction totale ou partielle, sans avoir adopté à ce jour une interdiction comparable à celle de l’Australie. (consultation officielle néo-zélandaise)
- Dans le cadre de sa démarche, MDY a fait analyser plusieurs échantillons de quartz de synthèse par l’IRES, l’Institut de recherches et d’expertises scientifiques. Les analyses réalisées sur les échantillons étudiés ont mis en évidence la présence de différents composés organiques et minéraux, dont certains présentent des classifications sanitaires préoccupantes, notamment en matière de cancérogénicité, de toxicité pour la reproduction ou de perturbation endocrinienne.
- Des essais de vieillissement ont ensuite été réalisés par le LNE, le Laboratoire National de métrologie et d’Essais. Pour l’une des références testées après vieillissement par abrasion, le laboratoire a relevé un dépassement de la limite de migration spécifique du DBP* : la valeur mesurée était de 0,72 mg/kg pour une limite de 0,30 mg/kg. Le LNE a par ailleurs qualifié de « non négligeable » la migration du DIBP* après les trois vieillissements appliqués à cette référence : température, rayonnement ultraviolet et abrasion.
- Sur une autre référence, aucune limite réglementaire applicable n’a été dépassée, mais une migration du DIBP jugée non négligeable a été relevée après vieillissement thermique.
- Ces essais ne permettent pas de conclure que tous les plans de travail en quartz de synthèse présentent le même comportement, ni que ces produits présentent un danger général pour tous les utilisateurs dans les conditions normales d’usage. Ils documentent néanmoins la migration de certains composants chimiques après vieillissement et soulèvent des interrogations légitimes sur l’évolution, dans le temps, d’un matériau composite utilisé quotidiennement au contact des aliments.
- Ainsi, au regard :
- des risques graves et désormais largement documentés pour les professionnels exposés aux poussières de silice cristalline respirable ;
- de la présence, dans les échantillons analysés, de différents composés présentant des classifications sanitaires préoccupantes ;
- des migrations constatées par le LNE après certains vieillissements, dont un dépassement de la limite de migration spécifique du DBP* après abrasion ;
- MDY ne peut, en conscience, recommander l’achat d’un plan de travail en quartz de synthèse.
- Pour comprendre notre démarche et vous permettre de vous faire votre propre opinion, notre page dédiée rassemble les rapports d’analyse, les essais du LNE, les principales décisions de justice, les publications scientifiques, les articles et reportages consacrés au sujet, ainsi que l’histoire du combat mené par MDY depuis 2013.
- *Le DBP (phtalate de dibutyle ou phtalate de di-n-butyle) et le DIBP (phtalate de diisobutyle) sont deux plastifiants distincts appartenant à la famille des phtalates.
- Dans l’Union européenne, ils sont classés toxiques pour la reproduction de catégorie 1B et identifiés comme substances extrêmement préoccupantes en raison, notamment, de leurs propriétés perturbant le système endocrinien.
Peut-on poser un plat chaud sur un plan de cuisine en quartz de synthèse ?
Nous le déconseillons.
Le quartz de synthèse, ou reconstitué, est un matériau composite constitué principalement de quartz aggloméré avec des résines polymères. Contrairement au granit, au quartzite naturel ou au cristal de roche, ces résines sont sensibles aux températures élevées.
La pose directe d'une casserole chaude ou d'un plat sortant du four peut ainsi, selon la couleur du quartz de synthèse, la température et la durée d'exposition :
- provoquer une décoloration locale ;
- altérer durablement l'aspect de la surface.
Ceci explique pourquoi les fabricants de quartz de synthèse recommandent généralement l'utilisation d'un dessous-de-plat.
Avec un plan de travail en granit, quartzite naturel ou en cristal de roche, cette précaution n'est pas nécessaire. Ces pierres se sont formées naturellement sous des pressions considérables et des températures très élevées et présentent une résistance à la chaleur incomparable pour un usage en cuisine.
Découvrez notre crash-test en vidéo
Céramique, bois, résine, quartz de synthèse, granit et stratifié postformé s’affrontent dans une série d’épreuves.
Résistance aux chocs, à l’acide, aux rayures et à la chaleur : que le match commence !
Consultez notre tableau comparatif des matériaux utilisables pour un plan de cuisine
Le quartz de synthèse est-il naturel ?
Non. Il est important de distinguer le quartzite naturel du quartz de synthèse (ou reconstitué).
- Le quartzite naturel est une roche métamorphique issue de la transformation d'un grès très riche en quartz sous l'effet de pressions et de températures extrêmement élevées. Composé de 95 à 99 % de quartz naturel (SiO₂), il est remonté à la surface par les mouvements tectoniques avant d'être extrait en carrière.
- Le quartz de synthèse (reconstitué donc), quant à lui, est un matériau manufacturé.
- Il est fabriqué avec un mélange composé de silice broyée et de résines polyesters et/ou acryliques auxquelles sont ajoutés, selon la formulation du fabricant, des pigments, des additifs techniques et des stabilisants (agents anti-UV, retardateur de jaunissement, agents antistatiques, agents rhéologiques, etc.), des catalyseurs, des biocides et des durcisseurs. Le mélange est ensuite compacté puis durci selon un procédé industriel.